Section 2: Du stade de football à la paisible rivière.

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

Déjà, en empruntant les passages souterrains, on s’aperçoit que l’on s’attend à un grand embrouillamini.

Quand on sort du tunnel, on se trouve nez à nez face au stade de football de Bâle, le stade St Jacques. Ce stade, construit par le célèbre duo d’architectes locaux Herzog et de Meuron, inauguré en 2001, accueille 38’000 spectateurs. Y sont attenants un centre commercial et un EMS. Le bâtiment a servi de ballon d’essai aux deux architectes pour réaliser des projets similaires, tels l’Allianz Arena de Munich ou le stade national de Pékin.

Le FC Basel est une véritable institution dans le pays. Il appartient aux meilleurs seconds couteaux du gotha européen. Un chiffre d’affaires de 105 millions de francs pour un bénéfice de 15 millions de francs, tels sont les chiffres communiqués par le FC Bâle qui donnent évidemment le vertige aux autres clubs du pays, et même à de nombreux autres clubs européens, dont les budgets suisses se traînent entre 6 millions et 30 millions. Oui, mais Messi, Ronaldo, Neymar et les autres, c’est encore toute une autre chanson. En 2018, le FC Barcelone annonce un budget à près de 900 millions d’euros, le Real Madrid, à 700 millions, le Paris St Germain à près de 540 millions. Les autres grands, allemands, anglais, français, italiens sont des pauvres, arrivant péniblement à 400 millions pour les plus riches. Des pauvres, quoi!

On comprend vite que dans tels endroits, même les autorités se plient au bien vouloir des vendeurs de rêve. Ici, les gens ne viennent sans doute pas à pied, comme nous. Le train y passe, et le parking doit être dimensionné. Alors, pour le marcheur, il faut faite un gymkhana improbable, emprunter même les entrées du stade pour pouvoir passer.

Car St Jacques, cela vous dit quelque chose, non? C‘est par ici, au Moyen-âge que devaient se trouver les portes de la ville. Les chroniques racontent que sur un pont sur la Birse, juste à deux pas, les chemins de pèlerinage se séparaient. En longeant la rive droite de la rivière, on partait pour St Jacques en Galicie, sur la gauche on partait pour Jérusalem.

Alors, en sortant du détour du stade, vous passerez près de la chapelle St Pierre, devenue de nos jours un temple. Les anciens hospices devaient se trouver juste à côté. Voilà pourquoi ce quartier se nomme St Jakob. De nos jours, cette partie de l’avenue conserve tout de même une part d’humanité et de charme en face du béton brut.

La Via Jura 80 traverse alors le grand complexe routier du stade…

…et se dirige via la St Jakob-Strasse vers la Birse.

La Birse prend sa source à Tavannes, une ville où nous passerons d’ici quelques jours. Elle se jette dans le Rhin à quelques kilomètres d’ici. Nous voici donc partis pour une balade de près de 10 kilomètres le long de la Birse, presque toujours sur de larges chemins de terre.

Le chemin s’en va donc sur la rive gauche de la rivière dans les sous-bois, donnant un dernier regard aux supporters du ballon rond.

.La grande partie du temps, la rivière coule, sage. Parfois de petits ressauts marquent tout de même que nous remontons la rivière. Sur votre droite, s’étend le Park im Grünen, là où le St Alaban-Teich va se perdre dans de petits lacs, puis ressort sous forme d’un petit ruisseau, le Teichbächlein, qui rejoint ici la Birse.

.Le chemin passe bientôt sous la grande départementale qui va des quartiers chics de Bâle sud, le Bruderholz, sur la rive droite de la rivière, à Münchenstein sur la rive gauche. Juste à deux, pas, on rejoint la bifurcation qui va à Münchenstein.

.Le chemin passe sur la rive droite de la rivière en franchissant le beau pont en bois couvert de Rütihardbrücke. Ces ponts en bois ne laissent jamais le passant de marbre. On a toujours le sentiment qu’ils remontent à la nuit des temps, qu’il ont été rebâti à chaque fois qu’il étaient disloqués par les coups de boutoir des rivières en crue. Celui-ci est récent, construit dans les années 1950. Mais alors, prenez vos précautions avant de traverser. Comme on le dit ici : “C’est un chemin de promenade. Interdit de nager, de lancer des pierres. On ne passe ici qu’avec des habits et des chaussures propres“. Le règlement, comme on dit en Suisse de manière générale, et pas qu’en Suisse allemande.

Le chemin longe alors les murs antibruit de la bruyante autoroute A18, qui va de Bâle vers Aesch et le Jura. Chemin faisant, elle croise rapidement les ouvrages hydrauliques de Wasserhaus, avec de belles chutes d’eau de la rivière.

Sur la Birse, sur de nombreux tronçons, on a canalisé le cours d’eau, construit des murs de granit pour assagir la rivière, suite à de grandes crues. On a comblé les bras parasites, pour que la rivière coule de manière plus “léthargique“ jusqu’au Rhin. On a renforcé les berges instables, sécurisé avec des rochers ou des arbres, des saules notamment.  Désormais, on trouve des tronçons où l’eau coule, rapide, tressautant sur les pierres, et des passages plus profonds, où l’eau sommeille un peu, calme et sereine.

Un peu plus loin, l’autoroute traverse la rivière. Les tags sont fort discutés par les gens, mais quand ils sont aussi saisissants et élégants qu’ici, ce serait grand dommage de les éliminer. C’est sans doute aussi ce qu’ont pensé les édiles locaux. Quant au chemin, il continue toujours rive droite.

Le chemin hésite alors entre la clairière et le sous-bois, passe près d’un ruisseau, dont le nom nous sera inconnu.

Le chemin passe alors sous la grande route qui relie Münchenstein des deux côtés de la rivière. Les tags ici sont de véritables oeuvres d’art, donnant une atmosphère assez inédite aux lieux, rehaussant encore les teintes bleutées de la rivière qui coule ici, tranquille.

Nous arrivons ici dans la région de Hofmatt dans un réseau de communication complexe. Ici, sur la rivière, transitent encore une autre route et la ligne de chemin de fer.

Ce qui est étonnant sur cette balade le long de la Birse, c’est que vous ne verrez que rarement des habitations le long de la rivière. Pourtant, nous passons dans le Grand Bâle, près de villes non négligeables. Münchenstein, Arlesheim, Muttenz, Reinach, sont toutes de villes de plus de 10’000 habitants, voire plus.

Ici, là où passe la voie de chemin de fer, la Via Jura 80 repasse rive gauche de la rivière. Elle le sera ainsi jusqu’à rejoindre Aesch.

Elle progresse dans un sous-bois de feuillus…

… passant peu après près d’un autre beau pont de bois qui permet de rejoindre Münchenstein Dorf. Celui-ci date de 1915, et, comme le pont précédent, n’est utilisable que par les piétons. Mais, le chemin n’y va pas, il continue le long de la rivière, passant sous les arches d’un pont où passe une route parallèle au vieux pont. Dans la région, il y avait autrefois un pont métallique ferroviaire construit par Gustave Eiffel. En 1891, le pont céda sous le poids d’un train, créant la plus grande catastrophe ferroviaire de Suisse, avec 71 morts et 170 blessés.

Cliquez ici pour continuer l’étape sur le tronçon suivant. Avant

 

ou encore revenir sur  la page initiale de la présentation de l’étapeRetour