Etape 04: De Moutier à Tavannes

Une très belle étape pour traverser le pays des « Bernois »

 

Nous voici aujourd’hui dans le cœur du Jura bernois francophone, cette région, qui comme on le dit dans Astérix, résiste encore farouchement aux envahisseurs. Ces derniers parlent français et habitent le Jura voisin. Pourtant, ce sont tous des frères et des cousins, anciens germanisants du canton de Berne. A l’origine, les familles ne sont toutes pas de la région. Quand le Jura bernois a connu le grand essor du siècle passé, avec la montée en puissance des industries horlogères, le pays a été colonisé par des populations entières de ressortissants d’autres cantons, venant notamment des pays plus pauvres du Valais ou de Fribourg, pour la suisse romande.

Dans le Jura, les gens votent avec le cœur plus qu’avec la raison. En fait, la question jurassienne a toujours été quelque chose de profondément émotionnel. Si vous interrogez les gens d’ici, les pro-bernois vous diront à coup sûr qu’il serait idiot de quitter un canton, qui « a tant fait pour eux ». La raison prend en compte l’hôpital, le nombre de fonctionnaires, toutes ces choses qui ont leur poids dans la société, et qui sont sans commune mesure d’un canton riche comme Berne à un canton pauvre, comme Le Jura. A Moutiers, le point névralgique de la cause jurassienne, il y a eu de tous temps des bistros pro- et anti-bernois. Aujourd’hui que Moutier est apparemment rattaché au canton de Jura, les pro-bernois entrent-ils encore dans un magasin anti-bernois ? Sans doute, mais les vieux, ce n’est pas si sûr que cela. Pour les anti-Bernois, ce n’est en fait qu’un sens plus aigu de la liberté, de la germanophobie exacerbée. Comment sortira-t-on un jour de l’impasse, nul ne le sait. Certes, parmi toutes les variables qui permettent de comprendre la Question jurassienne, la langue joue un rôle important. Moutier est la région la plus francophone du Jura bernois. Elle a dit oui au Jura. Mais Champoz, par exemple, juste en dessous, où passe la Via Jura 80 compte plus de 80 % de germanophones. Pour elle, le message est nein.

Une autre variable est la religion. En 1815, ce sont avant tout des catholiques que l’on a transplantés dans un canton protestant, le canton de Berne. Au départ de l’histoire, ce sont des catholiques. Puis, le nombre de catholiques s’est multiplié avec l’arrivée des ouvriers des horlogeries, en provenance surtout de cantons catholiques.  Sans doute que les catholiques sont plutôt pro-jura que pro-bernois. mais est-ce si sûr aujourd’hui, où les églises traditionnelles se vident à une vitesse supersonique ? D’ailleurs, un nouveau phénomène religieux apparaît dans la région. Ici fleurit une bonne dizaine de communautés « non officielles », ce qui en fait l’une des régions d’Europe à la plus forte concentration d’églises évangéliques. A Tramelan, à deux pas de Tavannes, sur la même rue se regroupent la paroisse réformée traditionnelle, l’église évangélique baptiste, l’église évangélique et l’église catholique. Mais, on trouve aussi quatre autres communautés évangéliques, telles l’Armée du Salut, l’église pour Christ, l’église mennonite et les darbystes. Tout cela va permettre de mieux répondre la Question jurassienne, non ?

Aujourd’hui, le choix est large pour traverser une grande partie du Jura bernois.  Sornetan est le point névralgique de l’étape.

  • La Via Jura 80, que nous suivons depuis Bâle, suit au début la Birse, franchit les Gorges de Court. A Court, elle quitte la rivière et remonte le long de la Forêt du Droit, vers Champoz. Elle continue de monter pour rejoindre la Via Jura 91, au lieudit Prés du Haut de la Charrière, à 1075 mètres d’altitude. Puis, c’est la longue montée vers la Tour de Moron, qui culmine à 1340 mètres d’altitude. De là, elle redescend entre pâturages et bosquets sur la Montagne de Saules, à 1054 mètres d’altitude. Puis, elle continue sa descente pour arriver à Sornetan.
  • La via Jura 91, appelé aussi « Chemin du Jura Bernois » va de Moutier à la Chaux-de-Fonds. Elle est commune à la Via Jura 80, à la sortie de Moutier. Elle s’en sépare, lorsque la Via Jura 80 part pour Court. La via Jura 91 part un instant sur la route de Perrefitte, puis quitte la route pour les sous-bois et les pâturages, où elle rejoint la via Jura 80 au lieudit Prés du Haut de la Charrière, à 1075 mètres d’altitude. Depuis ce point, la Via Jura 91 et la Via Jura 80 sont communes, passant par la Tour de Moron, Sornetan, jusqu’un peu avant le Fuet. A ce moment-là, la Via Jura 80 descend sur Tavannes, la Via Jura 91 vers Tramelan.
  • Ce que nous nommerons « la Variante Sornetan » ne porte pas de nom de code. Elle est commune avec la Via Jura 91 jusqu’à l’entrée de Perrefitte. Puis, elle s’en va, passant par Souboz et Sornetan. A de nombreux points, on peut rejoindre la Tour de Moron. Cette voie a l’avantage de monter moins haut dans la montagne, ne dépassant pas les 1’000 mètres d’altitude. Elle passe par les très belles gorges de la Chalière.

Si on mesure maintenant en kilométrage les trois chemins jusqu’à Sornetan, où ils font jonction, on trouve :

  • Par la via Jura 80 : 22. 3 km
  • Par la Via Jura 91 : 16. 7 km
  • Par la « Variante Sornetan » : 14.2 km

Il y a donc de bonnes raisons de suivre la variante, car si on préfère la Via Jura 80, on en prend pour plus de 33 kilomètres pour rejoindre Tavannes, en grimpant encore 300 mètres de plus pour aller jusqu’à la Tour de Moron.

 

Les dénivelés sont encore importants aujourd’hui, même si on choisit la variante.  (+869 mètres/-637 mètres).  C’est donc une étape que l’on dira assez pénible. Pourtant, vous aurez le sentiment de moins monter que la veille, car les bosses sont nettement plus réparties sur le parcours. Il y a d’abord le gymkhana dans les magnifiques gorges de la Chalière et des bouts droits interminables en montée jusqu’au-dessus de Souboz. De là, les pentes sont importantes en descendant sur Souboz, et plus bas jusqu’à la Sorne. La remontée sur Sornetan, et plus loin sur Moron se méritent aussi. Par la suite, le parcours se calme, avec quelques belles pentes pour descendre sur Tavannes. Le parcours est entièrement dans le Jura bernois.

 

La Via Jura 80, dans l’ensemble, est un parcours où il fait bon marcher, car les passages sur les chemins dépassent toujours ceux sur le goudron::   

  Goudron: 9.5 km
Chemins: 15.6 km

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Si le parcours ne vous intéresse pas, mais que vous voulez trouver le détail des logements présents sur le parcours, Vous pouvez le faire ici. Vous devez savoir que sur la Via Jura 80, les logements ne sont pas nombreux.  Souvent même, il n’y a qu’une seule possibilité de se loger en fin d’étape. Ne partez pas sur ces parcours, soi vous n’avez pas réservé en avance.

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