Etape 02: De Herisau à Wattwil

 

Sur les douces montagnes du Toggenburg

 

Nous continuons aujourd’hui de sillonner les collines de la Suisse orientale. Le chemin traverse le paysage très vallonné des cantons d’Appenzell Rhodes Extérieures, puis du Toggenbourg dans le canton de St Gall jusqu’à atteindre Wattwil. Ces régions sont le cœur du jodel, cette forme primitive et étonnante du chant, que l’on gutturalise en solo ou en groupe. En Appenzell Rhodes-Intérieures, on appelle cela “Rugguusseli“, dans les Rhodes-Extérieures “Zäuerli“, et au Toggenburg “Johle“. Cela chante, non? Enfin, chanter est une manière de dire, car beaucoup des jodles de la région, dont celui d’Urnäsch en Appenzell, sont plutôt lancinants, comme des pensées mélancoliques qui sortent des glottes. Ce sont en fait des voyelles et des syllabes sonores, où on passe sans transition de la voix de corps à une voix de tête (fausset), par le coup de la glotte. La mélodie du premier yodleur est souvent accompagnée par une improvisation à plusieurs voix des autres chanteurs. Quoiqu’il en soit, le jodel, rustique et anguleux, reste bien intégré et enraciné dans la culture de la montagne. Les Autrichiens et les Bavarois pratiquent aussi le jodel, qui est souvent une tyrolienne quand il est rapide et joyeux. Les suisses lui préfèrent le jodel plus lent, plus continu, souvent plus mélancolique. Le jodel, on l’appelle parfois la “youtse“, surtout en Suisse romande.

Les collines et les vallées profondes avec de larges forêts marquent de leur empreinte le paysage. Le chemin quitte Herisau pour gagner d’abord les hauteurs du Toggenburg. Le chemin passe, entre sous-bois et prés, auprès de nombreuses belles fermes appenzelloises et st-galloises. A de nombreux points, un magnifique panorama sur toute la région s’offre au regard, par beau temps, notamment sur la chaîne de montagnes du Säntis. Le chemin passe aussi dans le somptueux Neckertal à St Peterzell, son couvent et ses magnifiques maisons bourgeoises aux façades décorées.

Dans ces régions où le cœur de la Suisse authentique bat encore à pleines tempes, vous aurez peut-être le loisir, si vous arrivez au moment opportun, de goûter au charme rustique des coutumes locales, aux claqueurs de fouets, aux sonneurs de cloches. Sur le plan “musical“, comment ne pas céder à l’envoutement du “Talerschwingen“, où on roule une pièce de monnaie dans un seau pour accompagner le jodel, à la cithare du Toggenburg, un instrument sans note et sans partition, ou encore au “hackbrett“, une sorte de cithare de table, en fait une “planche à hâcher“, comme le dit l’étymologie du mot. Le week-end, vous entendrez peut-être parfois sonner le cor des Alpes, qui ne sert plus aujourd’hui à communiquer à distance d’une vallée à l’autre, à amener les vaches à la traite ou encore appeler les villageois à l’église. Les fermes son fort dispersées dans le pays, avec de très belles demeures dans les hautes vallées de la Thur et du Necker. On y fait de l’élevage et surtout du fromage. Le Toggenbourg est le principal producteur d’appenzeller. On y fabrique aussi du sbrinz et du tilsit. Et puis, vous apprécierez peut-être la saucisse reine du pays, le “Schüblig“, une saucisse à base de viande de veau ou de porc.

Le trajet se passe sur des dénivelés très conséquents (+871 mètres/-1023 mètres). C’est une des étapes les plus pénibles du Chemin de Compostelle en Suisse, non pas que le parcours soit techniquement difficile, mais parce que la pente est omniprésente tout au long du voyage. La première partie du parcours est en montée quasi constante, avec des pentes parfois supérieures à 15-25%, avec aussi quelques montagnes russes, jusqu’à atteindre Landscheide, la limite entre les cantons d’Appenzell et de St Gall. La descente est assez sévère pour rejoindre St Peterzell dans le Neckertal. D’ici, le chemin remontre entre prés et sous-bois à Scherrer sur les hauts de Wattwill. La descente sur Wattwill est très sévère.

Dans cette étape, les parcours sur le goudron sont inférieurs aux parcours sur les chemins, et les chemins utilisent souvent les prés:

Goudron: 9.3 km
Chemins: 14.3 km

Pour vous aider à reconnaître les arbres, reportez-vous au petit résumé de botanique en introduction générale du chemin (dans le menu sous Articles récents).

Nous avons divisé le parcours en plusieurs tronçons, pour en faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent le parcours, les pentes trouvées sur le parcours, et l’état des chemins.

Il est très délicat de préciser avec sécurité l’inclinaison des pentes, quelle que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qu’elles mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées à partir des profils cartographiés.  Il existe sur Internet une demi-douzaine de sites qui permettent d’estimer des dénivelés à partir de cartes. Comme ces logiciels reposent sur une approximation et une moyenne autour du point recherché, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en fonction de l’état des lieux ou de la variation entre deux points (par exemple un trou suivi d’une bosse très proche). En voulez-vous un exemple ? Sur le GR36 qui longe la côte bretonne, l’altitude n’est que rarement supérieure à 50 mètres au-dessus de la mer. Mais, le chemin ne fait que monter et descendre. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel vous donnera 800 mètres de dénivelé positif, un autre 300 mètres. Qui dit vrai ? Pour avoir fait plusieurs fois le parcours, mais jambes me disent que le dénivelé est plus proche de 800 mètres ! Alors comment procéder ? On peut s’appuyer sur les logiciels, mais, il faut être prudent, faire des moyennes, ne pas tenir compte des pentes données, mais seulement des altitudes. A partir de là, ce n’est que de la simple mathématique pour déduire les inclinaisons, en tenant compte de l’altitude et de la distance. C’est cette manière de faire qui a été utilisée dans ce site. D’ailleurs, rétrospectivement, quand on fait « en vrai » le parcours estimé sur cartographie, on constate que cette manière de faire est assez proche de la vérité du terrain.

Les logements sur le parcours sont signalés dans donner de détails. Vous trouverez plus de détails sur les logements en fin de parcours. Les parcours ont été dessinés sur la plateforme « Wikilocs ». Aujourd’hui, il n’est même plus nécessaire de se balader avec des plans détaillés dans la poche ou dans le sac. Si vous êtes équipé d’un téléphone mobile ou d’une tablette, vous pouvez aisément suivre les trajets en direct. Pour ce parcours, voici le lien:

 

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-herisau-a-wattwil-sur-la-via-jacobi-4-31775955

 

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Si le parcours ne vous intéresse pas, mais que vous voulez trouver le détail des logements présents sur le parcours, Vous pouvez le faire ici.

Cliquez ici pour la liste des logements. Avant